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Sorties, loisirs et vacances

Le tourisme social

Beaucoup ne savent plus ce que désigne le tourisme social, emporté par la vague du tourisme de masse et des formules all inclusive de séjours à très bas prix. Pourtant, aujourd’hui, de plus en plus de familles ne partiraient pas sans les aides au départ dont elles bénéficient. Une situation qui oblige les acteurs du tourisme social à s’interroger sur les moyens de donner un nouveau souffle à cette forme de vacances militante et égalitaire.

Présentation

Permettre au plus grand nombre de partir en vacances
Que désigne le tourisme social ? Né après-guerre, lorsque 15% des Français seulement partaient en vacances, le tourisme social doit permettre le départ en vacances du plus grand nombre, notamment des personnes aux revenus modestes. Aujourd’hui, ce secteur pâtit le plus souvent d’une image négative. Pour les jeunes générations, il s’agit soit d’une aide aux vacances pour les personnes les plus défavorisées, soit d’un tourisme de masse, soit de centres d’animation aux activités ringardes… «Aujourd’hui, le mot «social» est connoté «familles en difficulté». Avant, ce n’était pas le cas. Il s’agissait de réduire les inégalités. Le projet du tourisme social était de faire partir le plus grand nombre, pas seulement les personnes en difficulté puisqu’à l’époque le «peuple travailleur» n’était encore jamais parti. Il a fallut créer des lieux pour les accueillir et des activités pour les occuper. C’était un projet pédagogique, social et culturel», explique Catherine Bouillard, coordinatrice de la fédération Cezam.A l’origine, le projet du tourisme social était de permettre au plus grand nombre de partir en vacances, dans de bonnes conditions et avec des activités de qualité. Cela impliquait donc une attention particulière pour les populations habituellement exclues de ce type de loisirs (les plus pauvres, les personnes handicapées, les personnes isolées, etc.), mais pas seulement. Car le tourisme social n’est pas un tourisme d’action sociale. Son projet est d’intérêt général. Et il est porté par des organismes appartenant à l’économie sociale ou sans but lucratif : associations, coopératives, mutuelles, fédérations, comité d’entreprise, etc.

Les inégalités face aux vacances en progression
Alors que depuis les années 1950, le taux de départ en vacances était en progression constante, depuis les années 1990, il ne cesse de diminuer. Ce sont les classes populaires qui sont le plus fortement touchées, mais également les classes moyennes, en voie de paupérisation. Seulement un peu plus de 40% des ouvriers partent en congés chaque année, contre 70% des cadres supérieurs. Et plus on monte dans l’échelle sociale, plus on a de chance de partir en vacances.
Au cours de l’année 2010, c’est 47% de la population qui n’est pas partie en vacances selon les données du Crédoc (on considère qu’on part en vacances quand on part pour au moins quatre nuits consécutives hors de chez soi pour des raisons non professionnelles). La moitié de ces personnes ne sont pas parties en vacances car elles n’en avaient pas les moyens financiers. Une proportion peu étonnante lorsque l’on sait qu’une semaine de location équivaut souvent à la moitié d’un Smic. Le niveau de revenu détermine en grande partie le fait de partir ou non en vacances. Seuls 35% des foyers aux revenus inférieurs à 900 euros mensuels sont partis en 2010, contre 78 % de ceux qui disposent de plus de 3 100 euros. Enfin, le vrai privilège, c’est de partir plusieurs fois par an. C’est le cas pour seulement 22% de la population. Les cadres sont 43% à être dans ce cas, mais les ouvriers sont quatre fois moins nombreux.
Ces inégalités sont encore plus inacceptables lorsqu’elles touchent les enfants. Un quart des jeunes de 5 à 19 ans, soit trois millions d’enfants, ne sont pas partis en vacances en 2011, selon une étude de l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (Ovlej). Et 15% d’entre eux, soit deux millions, n’ont pas quitté leur domicile, même pour une nuit. Le taux de non départ est particulièrement élevé chez les enfants d’agriculteurs (46%), d’employés (31%) et d’ouvriers (34%).

Les points CLÉS

La Convention collective nationale du tourisme social et familial
Selon la Convention collective nationale (CCN 3151) du tourisme social et familial, étendue par l’arrêté du 30 juin 1986, l’activité du tourisme social et familial regroupe « des organismes de tourisme social et familial sans but lucratif, dont l’activité principale est de mettre à la disposition de leurs usagers des logements en maisons familiales, centres et villages de vacances à équipements légers ou développés et, accessoirement, d’exploiter des terrains de campingcaravaning ou d’organiser des séjours ou des voyages de vacances ou de loisirs. Les organismes concernés par la présente convention exercent l’activité principale suivante : exploitations de maisons familiales, centres et villages de vacances mettant éventuellement à la disposition des touristes des services de restauration, de loisirs ou de sports et des installations sanitaires. A titre accessoire, ils peuvent exploiter des terrains de camping caravaning des agences de voyages. »

Le rôle du CE

Les comités d’entreprise et organismes assimilés ont joué un rôle essentiel dans l’histoire du tourisme social. Selon le Rapport du conseil national du tourisme sur l’Evolution des pratiques sociales de CE en matières de vacances (2010), les activités touristiques ne commenceront à être organisées par les CE qu’à partir des années 1950 et ne prendront de l’ampleur qu’au début des années 1960 quand la quatrième semaine de congés payés se généralise. Aujourd’hui, selon le rapport, « les activités touristiques sont devenues souvent le premier poste de leurs dépenses totales ». L’action des comités d’entreprise est déterminante puisque 16,5 % des ménages partants ont bénéficié de leur aide (source : enquête BVA/ANCV 2009). Le chèque vacances est un moyen fort de la politique vacances des CE car plus de la moitié d’entre eux (58%) en distribue et que 85% des bénéficiaires de ces titres de paiement sont effectivement partis en vacances (cf. dossier sur les chèques vacances). Plus largement, les différentes aides sociales, dont celle du comité d’entreprise, constituent des soutiens de poids pour permettre le départ en vacances de nombreux français. En effet, 19% des Français interrogés par le Credoc déclarent avoir perçu une aide pour les vacances. Parmi eux, 28% des foyers les plus aisés (revenus mensuels supérieurs à 3 100 euros) bénéficient d’aides pour partir. Seuls 13% des foyers qui ont un revenu inférieur à 1 500 euros sont dans ce cas. Ces aides aux vacances se matérialisent le plus souvent par des chèques vacances (12 %). Viennent ensuite les aides financières directes des employeurs ou des comités d’entreprise (9%). Si les chiffres montrent que les plus aisés sont aussi les plus soutenus pour partir en vacances, c’est parce qu’ils sont plus souvent salariés et certainement davantage dans de grandes entreprises qui ont la possibilité de faire bénéficier de ces avantages à leurs salariés, contrairement aux plus petites entreprises. Les autres fournisseurs d’aides financières aux vacances sont la Caisse d’allocations familiales (4%), les municipalités (1%) et les autres organismes (1%) tels que les mutuelles.

ACTU

Le 13 novembre 2013, la CCAS a cosigné la Charte constitutive de pôle affinitaire du tourisme social et associatif avec l’Ancav-TT, la Ligue de l’Enseignement et les Vacances Léo Lagrange, quatre organisations reconnues dans leur combat pour la solidarité et l’accès au plus grand à l’éducation, aux vacances et aux loisirs. Cette charte initie un regroupement de complémentarités au service de valeurs et d’actions communes pour répondre aux difficultés rencontrées par le tourisme social et associatif. Elle consigne les finalités du tourisme social : être un outil de démocratisation des vacances, de la culture et des loisirs, notamment direction des familles les plus fragilisées ; être au service du droit aux vacances, sans discrimination, basé sur les principes de solidarité et du vivre ensemble ; revendiquer ses spécificités, innover notamment en matière de contenus de séjours ; être un tourisme vecteur d’emplois responsables et du développement économique territorial.

Patrimoine immobilier

Quelques « gros » comités d’entreprise disposent d’un patrimoine immobilier permettant d’accueillir les salariés et leurs familles. D’autres CE vont louer à l’année des mobil home ou des places de camping. Pour les élus, la gestion du patrimoine immobilier est une responsabilité difficile. De nombreux comités d’entreprise doivent faire face à des problèmes d’entretien d’un patrimoine qui date souvent des années 1970, voire antérieurs, ils doivent adapter les structures aux évolutions qualitatives, les mettre en conformité avec les nouvelles lois sur l’accessibilité, bientôt aux nouvelles normes de gestion écologiques, etc. D’autre part, le fait de disposer de peu de patrimoine impose aux ayants droits de fréquenter d’une année sur l’autre le même site de vacances, d’où parfois une certaine désaffection des salariés. Ce type de formule est donc réservé à des comités d’entreprise disposant de moyens importants.

Le tourisme social n’est pas marchand

Le tourisme social est porté par des acteurs associatifs, coopératifs ou mutualistes qui sont regroupés en France en majorité au sein de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat). Centres de loisirs, haltes-garderies, restauration scolaire, accueil de personnes en difficulté sociale ou encore mise à disposition d’installations sportives figurent également parmi les services proposés par les équipements du tourisme associatif. Au total, ce sont donc plus de 800 structures qui sont gérées par ce secteur.

Mais aujourd’hui, malheureusement l’offre du tourisme social a de plus en plus de mal à se distinguer de l’offre commerciale lucrative du secteur privé. D’ailleurs, dans les catalogues des comités d’entreprise, bien souvent, on ne parvient pas distinguer les deux… Si le tourisme social peine à être visible, pour Catherine Bouillard c’est parce que «l’esprit du tourisme social est collectif, alors qu’aujourd’hui l’individualisme prime. Les comités d’entreprise en sont victimes. Le tourisme social n’a pas su résister au tourisme marchand. Il ne peut pas être compétitif car il n’obéit pas à une logique de profit. Par exemple, ses tarifs sont différenciés selon les revenus, pas en fonction de l’offre et de la demande.»

Fort de ce constat, depuis peu, les principaux acteurs du tourisme social réfléchissent à communiquer différemment et à adapter leurs offres aux nouvelles attentes des vacanciers. Ainsi, selon l’Union nationale des associations de tourisme, plus de 130 millions d’euros ont été investis par les acteurs du tourisme social français en 2013. La montée en gamme des hébergements concentre à elle seule 70 millions d’euros de dépenses, 40 millions d’euros à maintenir le patrimoine et 20 millions d’euros à la mise aux normes.

REPÈRES : Les dates du tourisme social

1936 : instauration des congés payés, un acquis fondamental pour la démocratisation des vacances. Non seulement les salariés se voient accorder deux semaines de vacances, mais en plus ils seront payés… une vraie révolution !
1946 : le Conseil national de la Résistance donne naissance aux Comités d’entreprise et aux Caisses d’allocations familiales qui joueront un rôle essentiel dans le développement d’un tourisme accessible au plus grand nombre.
1982 : instauration de la cinquième semaine de congés payés dont l’un des principaux objectifs est la démocratisation des vacances de sports d’hiver et création de l’Agence nationale pour les chèques vacances

Social à tous les niveaux

Enfin, le tourisme social ne doit pas se limiter aux conditions d’accueil des vacanciers, de la même manière que le rôle du comité d’entreprise, en matière d’organisation de voyages et de séjours, ne doit pas se limiter à une juste répartition de ses subventions aux salariés. Les élus doivent aussi s’interroger sur les conditions de travail du personnel de tourisme auquel il fait appel. Car quel sens cela a-t-il de favoriser, par exemple, les bas salaires pour leur permettre d’avoir accès à un voyage, tout en faisant appel à un prestataire qui emploie à très bas prix et dans de mauvaises conditions son personnel hôtelier ? Les élus doivent donc veiller, quand ils négocient les prix avec leurs prestataires de tourisme, à ce que les conditions de travail du personnel de tourisme ne soient pas revues à la baisse pour autant. Ces dernières années, le développement du tourisme équitable et responsable, qui s’attache à ce que les populations des pays d’accueil profitent équitablement de ses retombées économiques, peut être un vecteur d’un certain renouveau du tourisme social.

Pour en SAVOIR PLUS

Jeunesse en plein air (JPA) : www.jpa.asso.fr
Ligue de l’enseignement : www.laligue.org
Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat) :www.unat.asso.fr
Aides aux vacances de la CAF (Vacaf) : www.vacaf.org
Agence nationale pour les Chèques Vacances (ANCV) : www.ancv.com
Ancav-TT : www.ancavtt.asso.fr
Vacances pour tous : www.vacances-pour-tous.org

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