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La baisse du coût du travail : un problème plus qu’une solution

La recherche de la compétitivité nous oblige-t-elle à renoncer au modèle social hexagonal ? Pas forcément car compétitivité n’est pas synonyme de moins-disant social. Les mesures prises actuellement pour limiter le coût du travail en France et en Europe risquent surtout d’aggraver et de prolonger la crise de la zone euro.

La situation de l’industrie française est en effet très inquiétante

La situation de l’industrie française est en effet très inquiétante : avec plus de 800 000 emplois industrielsperdus depuis 2000 et une industrie manufacturière qui ne pèse plus que 10 % de son produit intérieurbrut (PIB), la France est désormais l’un des pays les plus désindustrialisés avec la Grèce et le Royaume Uni.Est-ce d’abord une question de coût ? Oui et non. Selon le Bureau of Labor Statistics américain uneheure de travail français dans l’industrie manufacturière coûtait en 2010 41 dollars contre 44 dollarsen Allemagne, soit 8 % de moins. Et ce coût a moins augmenté dans l’Hexagone depuis 2000 quedans tous les autres pays de la zone euro, à l’exception de l’Autriche – un peu – et de l’Allemagne. Enrevanche, vis-à-vis du reste du monde, la hausse de l’euro intervenue depuis sa création pose un réelproblème : une heure de travail française coûtait 14 % de moins qu’une heure de travail américaineen 2000, mais 17 % de plus en 2010. Et surtout c’est la même chose vis-à-vis des pays émergents : uneheure de travail coréenne valait 46 % d’une heure française en 2000, mais seulement 41 % en 2010…Du fait de la montée de l’euro, la France et l’Europe ont subi dans les années 2000 un choc fantastique.La modération salariale a certes joué un rôle dans la résistance exceptionnelle de l’industrie allemandeface à ce choc, mais les facteurs de compétitivité de l’Allemagne sont surtout ailleurs : valorisationancienne du travail industriel, management plus participatif à cause des contraintes de la cogestion,spécialisation sur des créneaux porteurs – biens d’équipements et véhicules haut de gamme – avecl’explosion de la demande des pays émergents, intégration réussie des pays à bas coût d’Europecentrale et orientale dans la chaîne de valeur allemande... Ce sont ces caractéristiques qu’il faudraitdupliquer en France, davantage que les réformes de Gerhard Schröder qui ont surtout accru la pauvretéet les inégalités outre-Rhin.Pour redresser la barre, il nous faudrait en premier lieu une politique de change de l’euro. Ce ne seraitpas indolore : un euro plus faible signifie que les produits que nous importons coûtent plus cher,ainsi que le gaz et le pétrole qui se négocient en dollars. C’est une des raisons pour lesquelles il nousfaut accélérer parallèlement la transition énergétique. Il faudrait aussi (enfin) une véritable politiquecommerciale commune vis-à-vis de la Chine.En revanche, les 20 milliards d’euros du pacte de compétitivité sont probablement d’une utilité trèsfaible. Ils pèsent moins de 2 % du coût total du travail des Français et n’auront quasiment aucun impactvis-à-vis de pays comme la Chine, la Roumanie ou encore la Pologne pour lesquels l’écart de coût dutravail est supérieur de 1 à 4. Le seul effet sera d’améliorer un peu la compétitivité française vis-à-vis del’Espagne, de l’Italie ou du Portugal, qui, du fait de la crise de la zone euro, ont abaissé leur propre coûtdu travail. Autrement dit, une telle politique va accentuer encore le recul de la demande intérieure dansla zone euro. Et donc aggraver et prolonger sa crise car il est impossible de limiter l’endettement publicdans un contexte de récession.

1 Commentaire

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  • Je suis tout à fait de cet avis! En tout état de cause la baisse du coût du travail ne peut qu'engendrer une baisse de la consommation des ménages qui est le moteur de l'économie. Débloquer les avoirs ( intéressement, participation) constitués par les salariés n'aura comme effet qu'un pansement sur une jambe de bois. Nous avons eu comme exemple la prime à la casse.Pour ma part, je reste persuadé qu'il faille chercher l'argent où il y en a car des fortunes colossales se sont constituées par le biais de la finance, délaissant d'autant la valeur travail. Aujourd'hui on parle de plus de 1000 Milliards d'euros qui auraient échappé à l'impôt en Europe. Quand, on sait à quel point le fisc est dur avec le petit contribuable, le citoyen est en droit de se poser quelques questions...

    MALDIDIER Patrick / 24-05-2013 / 04:27:57
 
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