L'assurance complémentaire santé
Bon à savoir
Comme son nom l'indique, l'assurance complémentaire santé prend en charge une partie de la différence entre les frais réels (la facture du médecin, du pharmacien et l'hôpital) e t l e remboursement opéré par l'assurance maladie (la Sécurité Sociale).
Témoignage
Fabienne LEROY, secrétaire du CE de transport Graveleau, s’implique dans la négociation d’une nouvelle couverture santé
Pourquoi changer de formule aujourd’hui ?

Pour passer d’une couverture facultative à une obligatoire, déduite du net imposable du salarié. Un dispositif qui nous semble utile pour mieux encadrer ces derniers, parfois démunis devant le désengagement de la sécurité sociale de certains dossiers. Nous sommes en ce moment en cours de négociation avec notre employeur quant à son taux de participation.A la suite d’une recherche documentaire sur le sujet, nous avons vu que 67% des salariés qui bénéficient d’une mutuelle sont pris en charge à 50% par leur employeur. C’est ce que nous souhaiterions mettre en place avec celui-ci.

Certains sont-ils réfractaires à ce futur caractère obligatoire?

Oui, bien sûr. La peur du changement entre là en jeu. De plus, on est souvent convaincu qu’on ne trouvera pas meilleur système que le sien. Ainsi, il m’est arrivé de recevoir des salariés pour leur démontrer la compétitivité de notre formule, en établissant avec eux un comparatif entre leur couverture actuelle et ce que nous leur proposons.

Comment se déroule l’appel d’offres?

Nous avons pour le moment retenu deux prestataires, dont celui qui travaillait pour nous jusque-là. Pour l’instant, nous sommes toujours en cours de négociation, et cherchons des pistes pour mieux rembourser certaines prestations, réputées en souffrance, comme l’optique. Par exemple, au lieu d’un forfait annuel établi à 228 euros dans ce domaine précis, nous essayons de voir s’il est possible de l’augmenter et d’en faire un forfait utilisable une fois tous les deux ans…

Et après la mise en place ?

Nous allons établir un comité de pilotage qui se réunira tous les 6 mois. Ensemble, avec le prestataire retenu, nous allons étudier les dépenses, recadrer ce qui doit l’être… et informer les salariés du contenu de ces réunions, par le biais de notre journal interne trimestriel et de l’affichage, dans le but de les responsabiliser.
En fonction de sa politique de santé publique, l'Etat peut néanmoins inciter les assureurs complémentaires à ne pas prendre en charge la totalité de cette différence. Car il considère que si le "reste à charge" qui sort de la poche du patient n'est pas négligeable, celui-ci y regardera à deux fois avant de consulter fréquemment et de se faire prescrire une abondance de médicaments. L'Etat ne peut pas interdire de prendre en charge les frais réels mais il peut taxer différemment les contrats qui correspondent à sa politique et ceux qui n'y correspondent pas.

Les contrats dits " responsables "

Ainsi fut fait lors du décret n°2005-1226 du 30 septembre 2005 fixant les règles que doivent respecter les contrats d'assurance complémentaire de santé pour pouvoir bénéficier d'exonérations fiscales ou sociales. Les contrats d'assurance complémentaire maladie qui respectent ces règles sont dits " responsables " dans le langage du secteur. Ainsi le contrat " responsable " qui doit se situer dans le droit fil de la réforme de l'assurance maladie ne peut pas prendre en charge, totalement ou partiellement, certaines prestations, lorsque le patient n'est pas passé par son médecin traitant ou qu'il a refusé l'accès du praticien à son dossier médical personnel. A l'inverse, il doit obligatoirement prendre en charge, totalement ou partiellement, d'autres prestations, liées aux consultations et prescriptions du médecin traitant et à la prévention.

Le caractère "responsable" des contrats complémentaires santé n'étant pas d'ordre public, rien d'empêche un assuré individuel ou une collectivité de souscrire un contrat non conforme. Mais le traitement fiscal et social n'est pas le même, l'Etat ayant choisi d'inciter à la responsabilité en passant par le portefeuille. Pour les contrats individuels, la différence entre responsable ou non n'induit que le paiement de la taxe de 7% sur les contrats d'assurance. Sans être négligeable, la différence n'est pas discriminante. Par contre, les contrats collectifs obligatoires non responsables perdent les avantages fiscaux et sociaux dont ils bénéficiaient. Les sommes payées par l'employeur sont alors considérées comme des éléments du salaire, donc soumises à charges sociales et les sommes payées par le salarié ne sont plus déductibles de son revenu imposable. Le surcoût total induit par la non responsabilité va ainsi de 7% pour les contrats individuels à presque 100% pour les contrats collectifs.

Une étude menée par le Credoc montre que les Français attendent de leur complémentaire santé deux services principaux : d'une part la simplification des démarches administratives et une meilleure information sur les tarifs et les conditions de remboursements des soins, en particulier pour les soins de confort ; d'autre part l'aide à la vie quotidienne en cas de maladie comme la garde d'enfants, l'aide ménagère, le portage de courses et de repas. Depuis quelques années, les plateformes de services mises en place par les grands organismes assureurs s'étoffent et se rationalisent. Ces plateformes d'orientation et de conseil en optique, dentaire et auditif analysent les devis proposés par les professionnels et peuvent même négocier avec lui si l'assuré le demande. Les professions de santé partenaires assurent le tiers payant, des prix inférieurs aux prix catalogue et certaines facilités comme le prise en charge du renouvellement des lunettes sans ordonnance. Divers services sont proposés, souvent en option, qui vont de la téléassistance au suivi psychologique.

Les réseaux de soins et le conseil à l'assuré sont les deux moyens de maîtriser les dépenses et d'améliorer l'efficience du système de santé. Le Comité a tout intérêt à se placer dans cette perspective.
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