La prévoyance complémentaire
Bon à savoir
La Sécurité Sociale prévoit, outre les indemnités journalières d'incapacité temporaire et les rentes d'invalidité, un petit capital décès pour les ayants droit du salarié décédé (3 mois de salaire sous plafond). Dans certains secteurs, notamment ceux regroupant de nombreuses PME, une institution est désignée par la convention collective. Dans ce cas, toutes les entreprises de la branche bénéficient des mêmes services aux mêmes tarifs.
Témoignage
Jean-Luc Létisse, du comité central d’entreprise d’american express, à paris, revient sur la mise en place du système de prévoyance.
Comment avez-vous établi votre cahier des charges ?

En rassemblant, dans un premier temps, le plus grand nombre d’informations sur le sujet. Ainsi, nous avons compulsé un certain nombre d’accords contractés dans diverses branches professionnelles. Nous avons également consulté des organismes de notre connaissance ou de celle de l’entreprise, dont celui qui gère déjà, chez nous, la couverture complémentaire santé, et qui est aussi expert en prévoyance. Nous leur avons demandé conseil, afin de stipuler dans notre cahier des charges, ce qu’il fallait pour obtenir un minimum de garanties…

Des ajustements du régime sont-ils possibles ?

Bien sûr. Pour cela, une commission de suivi se réunit une fois par an au moins, afin de pister les éventuelles abus et de recadrer les choses quand il le faut. Par exemple, dans notre régime, des garanties très importantes sont accordées dans le cadre de l’arrêt maladie, au niveau de l’indemnité journalière. En cas de dérive, il faudra agir pour que le système ne soit pas déficitaire. Deux solutions s’offrent ainsi à nous : nous pouvons soit ajuster le taux en augmentant les cotisations, soit ajuster les garanties, et revoir celles-ci à la baisse.
En cas de modification de l'entreprise

En cas de transformation d'entreprise, de fusion, acquisition, etc., le régime de prévoyance est souvent appelé à être harmonisé. Le CE peut donc être appelé à procéder à cette harmonisation ou à donner son avis si l'harmonisation se fait sous la forme d'un contrat obligatoire. Les élus doivent alors analyser les différents contrats pour les comparer sur plusieurs points. Ils doivent, notamment, veiller au montant des cotisations (celles qui sont les plus élevées ne donnent pas nécessairement droit à des avantages supplémentaires), à l'inventaire des risques couverts, à un droit équitable entre cadres et non cadres, à la transparence sur la gestion prestataire et tout critère qui paraît important aux salariés. L'harmonisation ne se fait pas toujours " par le haut " car l'employeur n'est pas forcément disposé à payer une part importante des cotisations et certains salariés ne s'attachent qu'au " net à payer " et négligent les assurances sociales. Une attention particulière doit également être portée aux conditions et montants de la rente d'invalidité car celle-ci permet aux personnes concernées de ne pas tomber en difficulté. Les hauts salaires ont intérêt à ne pas consacrer de sommes importantes à la constitution d'un énorme capital décès mais à en utiliser une partie à la constitution d'une rente de retraite supplémentaire. De nombreux contrats couvrent à la fois la complémentaire maladie et la complémentaire prévoyance : il faut donc analyser les deux systèmes et voir s'il est plus intéressant de signer un contrat global ou deux contrats séparés.
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